Myrobolan

Myrobolan est un atelier tenue par une jeune artiste-designeuse  amoureuse du travail de la matière première. Erudite et cultivée, elle colore les fibres naturelles avec les plantes tinctoriales du  jardin tel un « Tistou les pouces verts ». Une passion qui s’est construite depuis son enfance et qu’elle fait grandir de jour en jour…

 Où se situe ton atelier ?
à Molenbeek-Saint-Jean, dans un grand atelier collectif où je cotoie peintres, céramistes, costumier et sérigraphe.
Dans quelle dizaine d’age es-tu ? J’ai la trentaine
Quand as-tu ouvert ton atelier ? Myrobolan a commencé il y a cinq ans environ, mais j’ai un atelier depuis presque toujours…
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Quel est ton métier ? Je suis designer textile de formation et de métier, mais je suis aussi accessoiriste, coordinatrice artistique, artiste, habilleuse, …
Comment qualifierais-tu ton rapport avec la nature ?
Proche ! je vis maintenant dans un milieu urbain, mais la nature a pour moi la saveur de l’enfance, je viens de la campagne.
Comment est née ta passion pour la fibre ?
J’ai été éduquée dans ce sens là, et je pense que j’avais une affinité naturelle, je ne peux pas être plus précise… les choses se sont faites progressivement, naturellement.
Comment as-tu appris les techniques de teintures naturelles ?
Au départ en autodidacte ! vers l’âge de 15 ans, on m’a offert un livre pour apprendre à fabriquer du papier végétal. il fallait cuire les plantes avec des cristaux de soude, puis tremper dans la javel (pour obtenir du papier banc ! ) et puis tamiser, mouler, presser…
J’ai cui tout le jardin pendant un été !! Et puis même si à cet âge là, j’étais loin d’avoir des considérations sur ce qu’était la javel, je trouvais quand même dommage d’anéantir ces jus colorés … Ma mère m’a alors offert un livre sur les plantes tinctoriales ! Et c’est ainsi que j’ai démarré, en continuant de cuire le jardin mais avec de la laine ! Quelques années plus tard, je suis allée suivre des formations.
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Quelle formation as tu suivi pour devenir designeuse textile ? J’ai un diplôme des Beaux-Arts de Bourges et un diplôme de designer textile à La Cambre à Bruxelles.
Pourquoi as-tu développé les fils à tricoter ?
Le déclic est venu car je travaillais comme étudiante dans une boutique de fils à tricoter. Et de plus en plus de clients cherchaient des fils de fibres naturelles mais aussi des couleurs issus de teintures naturelles. Au bout de quelques temps, je me suis aperçue que j’avais toutes les cartes en main, designer textile, j’avais une excellente connaissance des fibres, j’étais teinturière depuis des années, par mon travail à la boutique, j’avais une bonne connaissance du marché, des filatures, des envies et besoins des tricoteuses. Et puis, j’en avais marre de « teindre pour teindre », ou teindre uniquement pour moi. Proposer un produit « matière première » me plaît, il reste encore tout à créer !!
Tricotes-tu toi même ? Oui ! Depuis que j’ai 6 ans je pense … J’ai commencé par des manchons pour mon chat ! Que j’ai toujours d’ailleurs ! Evidemment en 100% acrylique fluo !!
Qui dessine les modèles de ta boutique ? C’est moi

Où trouves-tu ton inspiration ? C’est une question difficile… Dans ce que j’aime, dans ce qui me semble pratique au quotidien, pour moi, mes enfants….
Par quelles étapes passe ton processus de création ?
Pour les pelotes, je commence toujours par un travail (long et précis) d’échantillonnage, après je me lance dans mes cuves de 3 ou 4 kg !
Pour les modèles, ce sont toujours des modèles que j’ai fait d’abord pour moi. Quand ils me plaisent, j’écris les explications, et je les retricote pour être sûre !
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Quels sont tes deux dernières lectures ?
Les deux derniers qui m’ont marqués plutôt car je lis vraiment beaucoup
– « Gouverneurs de la rosée » de Jacques Roumain, un roman haïtien sublime et très fort
– « Le petit poucet » de Thisou Dartois, un album jeunesse brodé recto verso, incroyable, ingénieux, magnifiquement réalisé, une prouesse de sens et de realization.

Tes deux derniers films ? Le dernier almodovar, Julieta, et le dernier tim burton, miss peregrine, je ne suis pas très cinéphile…
Quelle est l’éthique de Myrobolan ? Fibres naturelles de qualité, plantes utilisées de qualité, travail de bonne facture, travail artisanal, échelle humaine, rapports humains, simplicité, authenticité.

Comment choisis tu tes fournisseurs de matières premières avec qui tu travailles (laine & plantes) ? Je choisis selon des critères de provenance, de qualité, mais je n’ai pas toujours un grand choix, il n’est pas toujours évident de trouver ce que l’on cherche comme on l’avait imaginé !
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Qui sont-ils ?
Pour les fibres : je travaille avec la filature de Rougnat en Creuse en France, avec Claudine Frisque, éleveuse de chèvres angora à Malonne en Belgique et avec Claire Salin, les laines du Boischaut dans le Berry en France.
Pour les plantes, je cueille un peu, sinon, j’achète chez Michel Garcia (Plantes et couleurs à Lauris) qui fait une excellente sélection de plantes, mon indigo vient de chez « Bleu d’amiens » ou de chez « Lutea ». J’achète aussi quelques plantes en extrait chez Couleurs de Plantes à Rochefort.
Quelles sont les qualités que tu as développées au contact de la fibre (aussi bien en tant que designeuse que teinturière) ?
J’ai vraiment développé mon regard sur les qualités des fibres, sur leurs provenances, leur chemin… La fibre et mon travail m’ont permi de rencontrer  tout une série d’acteurs du secteurs qui m’enrichissent de leur savoir très régulièrement. Je pense notamment à la filière laine en Belgique. Je porte un regard différent sur le secteur, un regard plus pointu, qui analyse.
Qu’est ce que t’apporte ton métier ? Mon travail de teinturière m’apporte en premier lieu de la satisfaction et du plaisir !
Quels sont tes projets à venir ? Avec deux teinturières amies, nous avons fondé l’asbl Nuances de Plantes afin de pouvoir organiser des événements autour de la couleur végétale ( un colloque est programmé à Bruxelles début juin 2017 avec conférences, expositions, workshops, boutique, visites botaniques). Nous sommes aussi à la recherche d’un lieu où nous pourrions travailler, donner des formations, où il y aurait un jardin pédagogique, une partie boutique, une bibliothèque,… 2017 est plein de projets !
j’aimerai aussi m’équiper pour teindre des plus grosses quantités…
Qu’entends tu derrière le mot culture ? Curiosité, ouverture, connaissance
Quelle est pour toi l’image de la femme qui tricote d’aujourd’hui ?
Il n’y a pas d’image, pour moi, ce sont les médias, les modes qui créent ces images, aujourd’hui, on a décidé que le tricot était tendance, que c’était extra génial de tricoter dans le métro… ça m’horripile. Je connais plein d’hommes qui tricotent, je connais des personnes de tous les âges qui tricotent, de toutes conditions sociales… c’est un art, un loisir, une passion, chacun y trouve quelque chose de différent. pour moi, il n’y a pas image. 
Si tu étais une couleur laquelle serais-tu ? Vert assurément !
Son site : myrobolan
Et encore un peu plus… En mouvement
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